Teny iditra Ibotity (i, botity)
Sokajin-teny anarana (olon' ain' ny tantara) [fitanisana]
Famaritana frantsay (le petit), personnage d’une légende très aimée des enfants et qui porte d’ailleurs le même nom. Le petit Ibotity était monté sur la branche d’un arbre; le vent souffla, la branche se brisa et Ibotity tomba, se cassant la jambe. Alors Ibotity de conclure que la branche très forte parce qu’elle a pu casser sa jambe. Mais la branche répondit que le vent est encore plus fort parce que c'est lui qui l’a brisée; le vent rétorque, pour sa part, en disant que la colline est encore plus forte que lui parce qu'elle peut l’arrêter. Ainsi se continue une série d’êtres divers qui affirment chacun être moins fort qu’un autre: la colline se dit moins forte que le rat qui la creuse en galeries; le rat, moins fort que le chat qui le tue; le chat moins fort que la corde qui sert à le ligoter; la corde, moins forte que le feu qui est capable de la brûler; le feu moins fort que l’eau qui peut l’éteindre; l’eau, moins forte que la pirogue qui passe sur son dos; la pirogue, moins forte que la pierre qui sert à la tailler; la pierre, moins forte que l'homme qui peut la casser; l’homme, moins fort que le sorcier qui peut lui jeter des sorts; le sorcier, moins fort que le tangêna qui peut le tuer; enfin le tangêna dit qu’il est moins fort que Dieu qui l’administre et lui donne son activité. Alors, dit la légende, à partir de ce jour, Ibotity et tout ce qui existe reconnurent que Dieu est le plus fort et le seul maître de tout. On perçoit à travers cette légende comment les anciens Malgaches concevaient les divers échelons des causes secondes ou contingents par lesquels on passe avant d’en arriver à la cause première ou l’Etre incréé. [Rajemisa 1966]

Nohavaozina tamin' ny 2015/05/18