Teny iditra Imbahitrila
Sokajin-teny anarana (olon' ain' ny tantara) [fitanisana]
Famaritana frantsay héros d’une légende malgache fort en crédit chez les Sihanaka. Imbahitrila était le 7ème enfant d’une famille. Défait et difforme, il n’avait de nom qu’Imbahitrila; pourtant rusé et intelligent, il surpassait ses frères presque en tout, notamment à la chasse. Un jour, les sept frères allèrent à la chasse des pintades; or, tandis que le piège d’Imbahitrila captura une belle pintade irisée, celui de ses frères n’attrapa qu’une vieille papangue gris cendré. Mécontents, ceux-ci allaient tuer la papangue, mais Imbahitrila leur proposa d’échanger sa pintade contre leur papangue. Ainsi fut fait, mais au lieu de tuer la papangue, Imbahitrila la relâcha, après lui avoir recommandé de se souvenir de lui quand il se trouverait lui-même dans une situation difficile. Une scène analogue se passa encore quand les sept frères partirent une autre fois pêcher des écrevisses: Imbahitrila attrapa une belle évrevisse rosée, et ses frères, un rat disgracieux. Imbahitrila échangea de nouveau l’écrevisse contre le rat qu’il relâcha après des recommandations semblables à celles faites à la papangue. Après cette seconde chasse, ses frères jalousèrent Imbahitrila et proposèrent à leur père de le renvoyer du logis. Le père y accéda et Imbahitrila alla habiter seul au bord de la forêt. Or, là, le fils de Dieu vint lui tenir compagnie et, après l’avoir soumis à diverses épreuves, lui donna force et vigueur, et lui laissa, avant de repartir pour le ciel, deux oeufs d’« angavola » (oiseaux fabuleux), l’un mâle, l’autre femelle, qui étaient fées. A partir de ce jour, Imbahitrila devint le maître de la forêt et de la chasse; sa pauvre case fut transformée en une somptueuse demeure et ses exploits furent innombrables grâce aux oeufs fées d’angavola. Or, sa réputation parvint aux oreilles de son père et de ses frères qui l’invitèrent, un jour, à dîner chez eux dans le dessein caché de lui arracher son secret. Ils lui servirent force rasades à tel point que, mis en état d’ébriété, Imbahitrila révéla tout: l’existence des oeufs d’angavola que la seule action de tousser, disait-il, suffisait pour faire apparaître. Ses frères insistèrent alors pour qu'il toussât, c’est ce qu’il fit, et aussitôt les deux oeufs sortirent de sa bouche et aussitôt aussi ses frères s’en emparèrent pour les cacher dans une malle en bois. Une fois revenu à lui, quelle ne fut pas la surprise d’Imbahitrila de voir sa belle demeure redevenue sa pauvre case d'autrefois, son opulent verger redevenu le maigre potager d’auparavant. Alors seulement il réalisa comment, pendant son ivresse, ses oeufs d’angavola avaient dû lui être ravis. Pendant toute la nuit, il pria le fils de Dieu et appela à son aide la papangue et le rat auxquels il avait jadis sauvé la vie. Dès le petit jour, les animaux ayant entendu son appel, vinrent et se rendirent au logis des frères d’Imbahitrila. En l’espace d’un instant, ils repérèrent l'endroit où se trouvait la malle refermant les oeufs précieux et ils travaillèrent si bien, l’un des dents et des griffes, l'autre du bec et des ailes, qu’ils purent en un rien de temps s’emparer des deux oeufs d’angavola et les rapportèrent à Imbahitrila qui, tout aussitôt, recouvra son bonheur et son opulence. [Rajemisa 1966]

Nohavaozina tamin' ny 2015/05/18